jeudi 5 juillet 2012

La Bouriatie

Le problème de notre merveilleux voyage c'est l'accès à internet. Mais après tout, les aventuriers d'avant internet faisaient partager leur voyage à leur retour, alors même si je transmets ces lignes avec décalage, l'important est de dire que tout va bien et que nous visons des instants magiques.
4 juillet 2012 : après quelques heures de patience, nous venons de franchir la frontière de la Mongolie.
 Les kilomètres parcourus depuis Irkoutsk, nous ont permis d’admirer les paysages différents des rives du lac Baïkal, bordées de montagnes,  et de plus en plus boisées. Nous traversons la région de la Bouriatie. Dans les  villages du bord du lac, nombreux marchands proposent les poissons séchés, fumés ou marinés. Un bivouac sur la rive du lac nous offre une nuit en pleine nature et sous la pluie qui vient d’arriver.
La route s’éloigne ensuite du lac pour descendre vers le sud et vers la Mongolie. Nous avons définitivement quitté les steppes pour la taïga. Un troupeau de chevaux sauvages nous tient compagnie pendant notre pause déjeuner au bord de la rivière Selenga, un régal de les observer. Un autre bivouac dans la montagne est organisé, mais cette fois, les montagnes sauvages qui nous entourent ont perdus  les forêts denses qui bordaient le lac Baïkal. Mais ces sales moustiques attaquent toujours surtout au moment du coucher de soleil.

La Sibérie (suite)

Les plaines se sont plissées, les bosquets de bouleaux sont devenus forêts,  les prairies sont devenues clairières,  les bouquets d’épilobes sont devenus champs de fleurs, nous sommes en Sibérie orientale. Depuis Novossibirsk, le paysage a bien changé. Nous sommes tout d’abord montés vers Tomsk.  Même si, depuis que nous sommes en Russie, nous avons pris  l’habitude des villages de maisons de bois, les belles demeures que nous avons admirées à Tomsk, n’ont rien de commun avec ce que nous avions vu. Cette ville agréable, a du souffrir de la politique nucléaire de la Russie et la dernière catastrophe nucléaire il y à peine 20 ans a bien contribué à sa mauvaise réputation. Cependant c’est la troisième ville universitaire de Russie. 1/5 des habitants sont des étudiants.

La visite guidée de l’après midi est une trêve appréciable dans la longue route de la Sibérie.


Puis la capricieuse sur laquelle nous roulons, nous offre à nouveau quelques morceaux mémorables ; Je ne peux plus l’appeler route, car trop souvent elle devient chemin de terre ou piste poussiéreuse.

Elle nous donne du fil à retordre et les véhicules commencent à souffrir. Notre équipe technique devient très précieuse. En ce qui nous concerne, à part quelques couinements et quelques grincements, mais notre petit camion bien que très poussiéreux, se porte bien.



Voici à présent un mois que sommes partis de Paris et nous sommes entrés dans la routine du voyage. Chaque jour, les mêmes rituels occupent notre emploi du temps : Le matin avant le départ il faut remplir le réservoir d’eau propre, vidanger  la cassette des toilettes, nettoyer le pare-brise des cadavres d’insectes, et surtout vérifier que tout est bien fermé, sinon au premier virage c’est le frigo qui s’ouvre et les yaourts qui s’écrasent avec fracas contre la porte des toilettes… La porte des toilettes a d’ailleurs perdu sa serrure dans les secousses de route. Un tendeur fait office de verrou.

Le soir on recommence ; on sort les câbles pour brancher quand il y a de l’électricité, on rempli le réservoir si nécessaire, et puis il y a le briefing : Agnès nous donne la feuille de route du lendemain et Vlad, nous explique comment partir et comment arriver. Souvent ses explications sèment le trouble, mais comme il est sympa on lui pardonne ; heureusement, nous avons les cordonnées GPS du point d’arrivée. Puis,  Souvent, on s’installe pour l’apéro ou parfois plus !  Alors, les insectes attaquent, et tout le monde file au lit ….
 


Irkoutsk
Nous avons parcouru à présent 10.000 km depuis notre départ le 1er juin. La Sibérie a été interminable et même si nous avons été ravis de ces immenses steppes, nous apprécions de trouver à présent, la Taïga et les paysages montagneux qui bordent le lac Baïkal. La mer d’Irkoutsk, comme l’appelle les russes, est longue de 600 km sur 80 km de large : la plus grande étendue d’eau douce au monde. Sa superficie est identique à celle de la Belgique.

Après une heure de navigation sur ce lac fantastique, nous visitons la ville d’Irkoutsk. De  belles maisons de bois comme partout en Sibérie, mais aussi une ville chargée d’histoire. Les exilés envoyés au bagne en Sibérie ont contribué à son essor et à sa culture.

mardi 26 juin 2012

La Sibérie


Ce long ruban capricieux qui nous conduit toujours plus à l’est nous fait traverser à présent les steppes de la Sibérie du sud. Voilà 5 jours que nous roulons tous les jours : la traversée de la Sibérie ne se fait pas en 3 sauts de puce. Nous traversons de vastes étendues ondulantes d’un vert dont la palette est très variée et changeante, tachetées de bouquets d’épilobes roses ou parsemées des taches cotonneuses des reines des prés. Parfois l’éclat d’un marais vient briser l’unité et donne de quoi s’abreuver aux oiseaux. Les bouquets de bouleaux enchâssés dans la steppe montrent parfois les stigmates des incendies qui ont noircis leurs troncs blancs.

Dans les bourgades que nous traversons, les maisons de bois sont rabougries sous leurs toits gris

Après les immenses exploitations agricoles et leurs champs cultivés d’une manière très extensive, les villages se font de plus en plus rares. La nature prend ses aises, les espaces sont grandioses.

Mais dès que nous nous arrêtons, les choses changent … A l’attaque ! il y a des petits français à la chair tendre : une nuée de taons et des moustiques s’abat sur nous dès que nous mettons le nez en dehors du camion. Ces sales bêtes ont déjà sucé la moitié de mon sang !

Nous sommes déjà à plus de 3.500 km à l’est de Moscou, nous avons changé 5 fois de fuseau horaire et nous traversons la Russie en suivant le parcours de Michel Strogoff. Nous suivons également le tracé du transsibérien. La gare de Barabinsk nous a permis d’admirer une des premières machine à vapeur qui effectuer ce trajet mythique au travers de la Sibérie.

Chaque jour amène sa nouvelle aventure, parfois nous nous retrouvons en ville pour passer la nuit, parfois en pleine campagne, voie sue les parkings avec les routiers qui traversent la Sibérie en 3 jours. Notre périple intrigue et le dialogue s’installe. Alors les moments deviennent magiques.

 Puis nous sommes arrivés à Novossibirsk.  Notre étape du jour était au bord de l’Ob, fleuve qui, à la faveur d’un barrage s’est retrouvé prisonnier et à donné une étendue d’eau longue de 200 km et large par endroit de 17 km. Les berges en pente douce et l’eau délicieusement chaude nous invitaient à la baignade …. Je n’aurais jamais imaginé me baigner en Sibérie comme en méditerranée.

samedi 23 juin 2012

Passage de l'Oural.

A l’étape du soir avant Ekaterinburg, nous avons du régler nos montres : 2 heures d’un coup ! Nous étions arrivés tôt avec l’envie de prendre un peu de temps pour lire. Raté ! Les nuits sont courtes, le jour baisse d’intensité vers 11 heures et à 4 heures du maton, il fait déjà jour.  
Depuis Kazan, le paysage a bien changé, les montagnes de l’Oural ne sont pas très élevées mais un paysage de collines verdoyantes évoque le Jura. Je suis impressionnée par la quantité de papillons qui dansent au soleil devant nous. Beaucoup d’entre eux finirons stupidement leurs jours sur notre pare-brise.
Le ruban d’asphalte sur lequel nous avançons, est aussi le trait d’union entre deux continents : l’Europe et l’Asie. Aujourd’hui, nous avons franchi la ligne de séparation des deux continents. Séparation des eaux, du climat, de la botanique et des cultures nous sommes entrés en Sibérie.
L’occasion a été dignement fêtée grâce à nos guides qui nous avaient apporté le champagne. Les photos ont immortalisé l’évènement.

Ekaterinburg nichée sur le flanc est de l’Oural est une ville très animée, Après la ballade nocturne de la veille, nous la découvrons en bus lors de notre journée sur place.

Et puis nous reprenons notre route.

Quand on prononce le nom : Sibérie, on pense tout de suite au froid. Maintenant je penserai le contraire. Les nuages qui s’accrochaient désespérément à notre horizon, viennent de disparaitre. Le ciel est à présent d’un bleu laiteux, et la chaleur contraste avec le temps maussade du début de notre voyage
22 juin : Le camion a l’humeur guillerette et danse sur la route alors que les tasses à café se trémoussent dans le placard. Les trous sont moins méchants aujourd’hui, mais peut-être commençons-nous à nous habituer. Après Tyumen, Ischim sera notre étape d’une nuit, au bord de la rivière. La baignade à l’arrivée sera rafraichissante, mais taons et moustiques, voraces attaquent nos peaux tendres.

mercredi 20 juin 2012

LA ROUTE

La route c’est notre quotidien ou presque. Deux ou trois jours  de conduite suivis d’une journée de repos avec les visites organisées et le déjeuner en commun au restaurant.
La route c’est la partie importante de notre voyage, elle retient toute notre attention, car plus nous avançons vers l’est, plus elle est capricieuse. Il y les limitations de vitesse dont il est  parfois difficile de comprendre la raison, les policiers qui guettent et profitent de chaque occasion de nous piéger, d’ailleurs bon nombre d’entre nous a déjà du payer une contravention ; pour notre part, les 53 km/h au lieu de 40 km/h ont juste fait l’objet d’une remontrance en russe. Il y a aussi les ornières qui démolissent les véhicules, la façon bizarre des conducteurs russes de dépasser (souvent à droite), les camions en grand nombre qui roulent très vite, il y a quelques instant deux camions arrivaient de front en face de nous, Christian a du serrer à droite pour laisser passer … Il y a encore beaucoup de travaux, mal signalés,  des sens alternés ou il faut se débrouiller faute de feux pour régler le sens de la circulation, des rustines faites au goudron liquide qui es t déversé pendant que les voitures passent, des ouvriers qui travaillent au milieu de la route et du passage des véhicules, sans être sécurisés. Il y a également des choses étranges qui circulent parfois sur la chaussée avec nous.
Sur le bord de la route, on peut acheter toutes sortes de choses, des fraises des bois, des pommes de terre, des peluches, du Kvass, la boisson locale faite à base de seigle, mais aussi des nains de jardin !
Pour les photos ce n’est pas toujours facile, le camping-car fait des soubresauts à cause de la tôle ondulée sur laquelle nous circulons et comme nous ne pouvons pas nous arrêter toutes les 5 mn, il y a souvent le poteau télégraphique qui apparaît dans le paysage au moment où je déclenche Et puis il y a la belle prise de vue et splash, le papillon vient s’écraser sur le pare-brise juste devant l’objectif ; le produit dégraissant du lave glace n’aura même pas raison du jus gras laissé par la bête.
Tout cela n’est pas monotone, car chaque jour amène son lot de surprises.  Aujourd’hui par exemple, une femelle  élan suivie de ses deux petits a traversé la route devant nous. Dommage l’appareil photo n’était pas prêt. C’était impressionnant, mais ce sera juste imprimé dans nos mémoires.
Nous sommes en train de traverser l’Oural, et allons bientôt arriver en Sibérie et j’espère rencontrer d’autres animaux qui croiseront notre chemin.

Kazan


Kazan, capitale du Tatarstan, évoque pour moi, un séjour pour un séminaire de la campagne « tous différents, tous égaux », des jours gris, une chape de nuage qui rend l’atmosphère lourde, une conférence difficile, quelques pas avec  Darek et Alex dans la rue piétonne,  la visite de la mosquée flambant neuve, et une ville triste avec des rues bordées d’immeubles typiquement  soviétiques.

Aujourd’hui sous le soleil éclatant, je découvre une ville éblouissante sur les rives de la Volga. Le Kremlin et ses édifices religieux, les rues et leurs immeubles restaurés, les boutiques dignes d’une capitale,  les infrastructures sportives toutes neuves, des quartiers entiers en cours de construction pour remplacer les vielles maisons en bois …. Bref une ville transfigurée. Les « universiades » de 2013, grand évènement sportif, ont donné une impulsion extraordinaire à la ville de Kazan, troisième ville de Russie après Moscou et St Petersburg. Notre visite est ponctuée d’un déjeuner typiquement tatare, délicieux et sans expérience douteuse (vous reconnaîtrez la gourmande !) Un petit crochet au marché des kolkhozes pour acheter nos fruits et nos légumes, et nous voici en route pour admirer le monastère de Raifa.


samedi 16 juin 2012

De Moscou à Kazan

Il faut rejoindre, pour une étape d’une nuit, la ville de Nijni -Novgorod. Notre accompagnateur nous propose un petit détour facultatif à Souzdal, petite bourgade faisant partie de l’anneau d’or. Le détour n’est pas trop important en km, mais il faut partir tôt, car les 420 km qui séparent Moscou de notre point de ralliement devraient nous prendre environ 7 heures. Tout ce qui nous permet de nous évader du circuit organisé est bon à prendre ! Nous voici à Souzdal et nous ne regrettons pas le temps consacré à la visite. Cette ville remontant au moyen âge, regorge de trésors ; les isbas, ces belles petites maisons en bois, et les édifices religieux construits depuis le 13° siècle, tout y est remarquable.
La visite est courte, et la route nous attend pour rejoindre le reste du groupe.  

L’autre partie de la route M7 effectuée le lendemain et plus ennuyeuse, les travaux rendent la circulation difficile, mais pas autant que les trous (nid de poule n’a plus de sens dans ce cas, je dirais plutôt nid d’autruche), donc l’état de la route rend les 400 km pour gagner Kazan assez difficile. Nous effectuons tout de même un petit crochet par Tscheboksary capitale de la Tchouvachie, nichée sur les berges de la Volga. L’expérience du jour est la cafétéria locale, après avoir avalé une bonne moitié de ma soupe, je me suis aperçue que c’était une soupe à base de poumon de bœuf !!!!




Le nain du jour